Les épandages d’engrais minéraux et organiques sont soumis à différentes réglementations qui sont notamment fonction de :
- la nature du produit à épandre (engrais minéral, engrais organique, compost, boues de station d'épuration, …)
- le régime réglementaire auquel est soumise l’exploitation (Règlement Sanitaire Départemental, Installées Classées pour la Protection de l’Environnement)
- la localisation de la parcelle au regard des zonages « environnementaux » (zone vulnérable définie par la Directive Nitrates, Natura 2000, Périmètre de protection de captage d’alimentation en eau potable)
En fonction de ces éléments, des périodes d’interdiction d’épandage et des distances d’épandages sont définies. Pour les engrais organiques, le mode d’épandage et le délai d’enfouissement post épandage permettent de réduire les distances d’épandage vis-à-vis des tiers.
Contrairement aux engrais minéraux dont la fraction azotée est rapidement assimilable par la plante, les engrais organiques libèrent plus ou moins rapidement l’azote pour la plante. Cette dynamique de l’azote est à prendre en compte pour une gestion optimale de la fertilisation. Pour les engrais organiques, il est conseillé de réaliser une analyse par un laboratoire pour connaître leur valeur fertilisante réelle.
La valorisation optimale d’un engrais passe par un épandage au plus près des besoins de la culture et avec un matériel d’épandage adapté au produit. Pour les engrais organiques, sur les parcelles en zone vulnérable définie par la Directive Nitrates, la quantité maximale d’azote organique ne doit pas dépasser 170 kg d’azote organique par hectare et par parcelle. Pour les engrais minéraux, le premier apport d’azote réalisé avant le 1er mars est limité à 50 unités sur blé, orge d’hiver et escourgeon et à 80 unités sur colza. Sur ces cultures, les apports ultérieurs en azote minéral sont plafonnés à 100 unités par hectare. L’apport d’azote minéral total ne doit en aucun cas dépasser 180 unités par hectare de surface potentiellement épandable et par an en moyenne sur l’exploitation.
La dose d’épandage, la période d’épandage et le choix de la culture recevant l’épandage sont déterminants pour valoriser au mieux les épandages et ainsi limiter les pertes vers le milieu naturel. Le plan prévisionnel de fertilisation est un outil qui permet, avec l’aide d’un conseiller spécialisé en agronomie, d’optimiser la gestion des engrais et d’apporter la dose exacte dont a besoin la plante pour atteindre son objectif de rendement.
Tout épandage d’engrais doit être enregistré dans un cahier d’épandage conformément au plan d'épandage.
Pour permettre aux exploitations agricoles d’être en conformité avec la réglementation concernant l’utilisation de fertilisants, la Chambre d’Agriculture dispose des compétences appropriées permettant d’apporter toutes les informations et précisions nécessaires à la connaissance et à l’appropriation des réglementations relatives aux épandages. (contact : Cédric DEBBAH)
La Chambre d’Agriculture dispose également des compétences appropriées pour proposer aux agriculteurs des prestations dont l’objectif est d’optimiser l’utilisation des fertilisants tout en restant en conformité avec la réglementation (contact : Cédric DEBBAH) :
Au travers de sa participation à la Mission de Coordination des Epandages en Agriculture (MCEA), la Chambre d’Agriculture intervient également en appui des collectivités pour les problématiques d’épandages de boues en agriculture (contact : Catherine DESPLANTES et Juliette LEFEVRE).
Lors de la sécheresse de 2003, les stocks fourragers des éleveurs ont particulièrement été affectés, notamment ceux des systèmes laitiers à base de maïs ensilage.
La Chambre d’Agriculture a alors décidé de mettre en place un observatoire « terrain » permettant de déceler au plus tôt les impacts d’aléas climatiques pour pouvoir apporter un conseil préventif aux agriculteurs.
Dès les premiers signes de sécheresse, les services techniques de la Chambre d'Agriculture enclenchent pour les maïs ensilage, un suivi des matières sèches de la plante entière, afin d'ajuster au mieux les dates de récolte et le cas échéant de proposer des alternatives pour compenser les stocks de fourrages manquants.
Le maïs ensilage représente en moyenne sur le département 50 % des fourrages distribués aux vaches laitières. Le progrès génétique a très significativement amélioré le maintien « couleur verte » de la plante (stay green), ce qui peut modifier alors les habituels repères de récolte des éleveurs. Or, le stade de la plante au moment de la récolte influe directement sur les quantités ingérées par les vaches laitières et par conséquent sur les niveaux de production.
Les 6 dernières années climatiques ont toutes été très différentes avec des dates optimales de début de récolte allant du 15/08 au 25/09. Pendant de nombreuses années, on a pu observer une tendance à des démarrages de récolte trop tardifs avec alors des taux de matière sèche supérieure à 35 %, occasionnant des difficultés de conservation.
Pour répondre à cette problématique, la Chambre d'Agriculture a développé un réseau d'observation des fourrages, sur l'herbe au printemps et sur les maïs ensilage durant leur cycle végétatif.
Pour l'herbe, les adhérents des groupes techniques « production laitière » et « réseau viande » transmettent des indications de rendements récoltés en foin et en ensilage au printemps. Ces informations permettent d'évaluer le rendement matière de l’année et de faire une première estimation des risques de pénurie éventuelle.
Pour le maïs ensilage, le suivi se fait durant le cycle végétatif, à partir d'un réseau de parcelles, à des périodes physiologiques clés (floraison femelle et stade « opercule » sur le grain visible). Parallèlement, un suivi des sommes de température réalisé à partir des données de Météo France permet de relier les événements végétatifs aux données climatiques et ce, à partir des dates de semis. Au stade « opercule » il est ainsi possible de prévoir la date optimale de récolte.
Pour la Chambre d’Agriculture de l’Yonne, le développement des compétences et le conseil à la prise de décision sont garants de la réussite des projets. Elle est partenaire des entreprises dans la nécessaire amélioration de leurs performances techniques et économiques.
Cédric DEBBAH Tél : 03 86 94 28 44 Catherine DESPLANTES Tél : 03 86 94 28 94 c.desplantes(a)yonne.chambagri.fr Juliette LEFEVRE Tél : 03 86 94 22 20 |